Pour ce premier voyage de découverte de la Norvège, nous avons pas mal hésité entre prendre la voiture avec notre “camping box” et faire le trajet France – Norvège via le Danemark et un ferry, ou prendre l’avion et louer une voiture sur place. Mais au vu de la durée prévue de notre voyage nous aurions perdu trop de temps dans les transports avec un road trip complet.

Nous avons donc finalement décidé de prendre l’avion et louer une voiture sur place.
Rien de particulier pour la première journée : passée dans les aéroports et les avions, déambulations dans les couloirs, torture du smartphone, manger un sandwich, boire un café, manger une pâtisserie …
Nous avons quand même l’agréable surprise d’être surclassés pour la location de la voiture : nous allons piloter une Suzuki Vitara 4×4 boîte auto 😉
Jour 1 : déplacement vers le premier camp de base ☀️
Après une bonne nuit à l’hôtel, nous avons hâte de découvrir la nature norvégienne. Les paysages sont à la hauteur de nos attentes : des lacs plus beaux les uns que les autres, enserrés par des forêts magnifiques ou des landes sauvages. Sur la route, en remontant vers un col, nous croisons un élan (ou un cerf ?) allongé sur le bas-côté : ni la bête ni la voiture n’ont survécu. ☹️
Nous arrivons dans une petite station de ski, assez animée : j’en profite pour perpétuer la tradition de Little Buddha (cf. Le voyage de Little Buddha) : Cette fois-ci ce sera “Mini Troll”, que j’achète dans un magasin de souvenirs.
Après nous être installés dans notre premier “refuge”, nous allons nous dégourdir les jambes au bord d’un torrent tempétueux et revitalisant. Et pour ne pas déroger à la tradition, j’ai oublié “Mini Troll” sur un cairn, ce qui me vaut un aller-retour digestif au-dessus de notre camp de base. Départ demain pour 4 jours d’itinérance dans le massif du Jotunheim.






Jour 2 : premier jour de trek ☁️
Aujourd’hui, départ poussif vers 10h, après un petit déjeuner pantagruélique (poissons fumés, charcuterie, pancakes, fruits, et j’en oublie 😉).
Beaucoup de caillasses, les chevilles sont mises à rude épreuve (cela semble une constante sur les chemins norvégiens).
Les grandes étapes de notre premier jour de marche : monter sur le plateau, redescendre sur le premier lac (petit thé avant la passerelle piétonne au-dessus du torrent), puis remontée sur un immonde plateau de cailloux. Le sentier disparaît, les cairns apparaissent … Le paysage est minéral et sauvage.
Enfin vers 17h, nous redescendons vers Glitterheim. Pour garder le moral nous nous inventons une petite chanson :
” De cairn en cairn lentement nous progressons
Vers notre lointaine destination
Que de douleur pour nos courageux petons
Mais on en a plein le fion ! “
Ceci dit, le guide Vert nous avait prévenu :
“Les randonneurs qui affectionnent les chemins d’altitude et la confrontation avec un climat aussi changeant qu’éprouvant sont ici au paradis “
Tente posée 600 m avant le refuge, vers 17h30. À 21h il fait toujours aussi jour !
Première nuit dans notre nouvelle tente bivouac Decathlon, sous un peu de pluie : test réussi, nous avons plutôt bien dormi, malgré le froid.





Jour 3 : à l’azimut 🌧️
Réveil vers 7h, puis popo du matin, sous les yeux d’une bande de rennes. 😉
Après le petit déj, départ vers Spiterstulen, via les lacs de Steinbuvann. Nous croisons une famille avec trois enfants installés en bivouac au bord du lac.
Nous traversons le torrent qui relie les deux lacs et nous décidons de nous arrêter pour le casse-croûte de mi-journée, puis nous repartons à l’assaut d’un col sans nom, sous la neige et la grêle, dans la caillasse et avec quelques névés pour alléger nos souffrances (surtout ma cheville ou plutôt la malléole qui commence à me faire réellement souffrir).
Nous basculons vers une grande vallée glaciaire et descendons à l’azimut en l’absence de chemin et de cairns. Après quelques kilomètres nous arrivons en vue de Spiterstulen. Il était temps !
Boubougne (alias Cécile) sors de sa réserve (mal aux pieds, sentier boueux et caillouteux 😡), elle termine l’étape claquettes roses aux pieds sur le bitume.
Une Kanelbulle plus tard (et surtout l’étude de la météo et de la carte) nous voilà reparti pour poser la tente “plus loin” et gagner du temps sur (la longue) étape du lendemain. L’objectif demain étant de rallier Gjendebu pour dormir au sec, le temps prévu étant plus qu’humide !
Afin d’assurer notre nuit demain, mon geek anglophone (c’est moi 😉) appelle le refuge à 21h, sous la tente, au milieu de nulle part : miracle des nouvelles technos de communication, surtout en Norvège où la 4G est omniprésente y compris au cœur des montagnes. Nous réussissons à obtenir deux places dans un dortoir. La gardienne nous annonce 8 heures de marche pour rejoindre le refuge demain, nous en mettrons 9 au total ☹️.
Et sur ce, la pluie s’invite, sans surprise.





Jour 4 : j’ai la cheville qui enfle 🌧️
Après une bonne nuit, beaucoup plus chaude que la précédente (presque trop chaude, à priori grâce à la fermeture des écoutilles de la tente) je profite d’une accalmie pour le traditionnel popo du matin, sans voyeurs cette fois-ci.
C’est parti pour une bonne vingtaine de kilomètres. Après quelques kilomètres sur le plat, nous entamons la montée au rythme d’un lac tous les 100 m de dénivelé. Nous passons à côté d’un magnifique torrent traçant sa route entre les ressauts rocheux. Les derniers kilomètres avant le col et la redescente vers Gjendebu se font à travers un immonde tas de caillasses. Nous pique-niquons sur l’un d’eux. Puis la descente continue sur un sentier plutôt agréable, herbeux et terreux, ça soulage un peu nos chevilles.
Tout à coup, Cécile me réveille de ma torpeur (je me concentre à chaque pas pour avoir le moins mal possible) : “Des bêtes !!! Des bêtes !!”
Ni Dahu ni chamois mais nos premiers rennes “de près”. Mitraillage photo avant que le troupeau ne prenne la fuite. Nous atteignons le dernier lac lorsque le déluge débute. On aurait pu profiter du paysage et des derniers kilomètres si la cheville de Jean-Marc ne le faisait pas tant souffrir et si le sentier ne s’était pas transformé en bauge boueuse voire en torrent.
On termine en warriors, dans la douleur pour JM, plein le dos pour Cécile.
Mais l’accueil au lodge est chaleureux (tout en bois et bien chauffé, joliment décoré), le cadre magnifique (au bord d’un lac) … Et la pluie cesse.
Nous “cuisinons” nos lyophilisés, nous installons toutes nos fringues trempées pour séchage pendant la nuit, et on s’endort comme des masses. Il est 21h, nous avons marché durant 9h pour environ 22 km, que nous réserve demain ???






Jour 5 : récupération ☀️
Réveil avant l’heure, après une bonne nuit réparatrice dans notre “dortoir” finalement assez cosy. Nous avons décidé de prendre le bateau pour rejoindre Gjendesheim puis Bessheim (pas vraiment d’autre choix au vu de l’état de ma malléole agressée par ma chaussure et les cailloux de Norvège). On se la joue touriste aujourd’hui !
Après avoir englouti un petit déjeuner pantagruélique, comme savent le faire les norvégiens, nous prenons le bateau puis le bus jusqu’à Bessheim.
On se la coule douce ! JM a pu changer de chaussures et reviens à la vie. Balade autour et au-dessus du lac en attendant le check-in du “hytte” (refuge en norvégien). Un troupeau de rennes perturbe la circulation, des moutons veulent pique-niquer avec nous, le soleil joue à cache-cache … Une belle journée de récup !
De retour au lodge : lessive, séchage, WiFi, et pour finir repas gargantuesque à base de poisson (cuit, séché, mariné) et de toutes sortes de viandes découpées par le chef (élan, renne, …), terminé par les desserts (au bas mot une dizaine) d’un cuisto italien avec qui nous échangeons quelques mots (en français) : passionné par cuisine et la France, il rêve d’y retourner.
Demain la route pour Loen nous attend !




Jour 6 : transit vers un nouveau camp de base 🌦️
Aujourd’hui c’est une journée de transit entre Bessheim et Stryn/Loen.
Après un nouveau petit déjeuner qui vaut le détour et le chargement de la voiture nous prenons la route pour Stryn. La route est splendide mais nous partons sous la pluie. Elle nous quittera à mi-parcours, histoire que Jean-Marc se baigne dans un lac, sur une aire de repos.
Dans l’après-midi nous visitons l’église de Lom : c’est une Stavkirke (église en bois) construite au 12° siècle. Puis nous visitons la boulangerie de Lom, réputé pour être la meilleure boulangerie de Norvège, avec les meilleurs Kanelbulle de Norvège. Je confirme : un délice ! 😋
Après avoir dépassé Stryn, nous trouvons un camping très sympathique à Loen pour poser la tente : cuisine extérieure, sanitaires nickel, …
La cerise sur le gâteau : au pied du Skåla, notre sommet pour demain.
En guise d’apéritif, nous partons en reconnaissance de la montée au Skåla : la pente est raide !



Jour 7 : le Skåla, notre sommet préféré ☀️
Départ à l’aube (qui a commencé il y a plusieurs heures), tout le camping dort encore.
Nous attaquons la montée reconnue la veille d’un bon train, découvrons au passage une magnifique cascade.
Nous sortons de la forêt et enchaînons sur un sentier magnifiquement tracé : quel contraste avec le Jottunheim ! Et quel bonheur ! Nos chevilles apprécient 😊
Nous arrivons près d’un petit lac et attaquons la dernière partie de la montée, dans la caillasse. Mais là encore, le sentier est pavé de pierre plate qui constitue un véritable escalier quasi tout le long jusqu’au sommet. Ce super sentier fait qu’on avale les 1800 mètres de dénivelé en à peine plus de 3 heures. Photos puis redescente toujours un bon rythme, pique-nique au bord du lac, et ventrée de myrtille dans la forêt.
Une belle ascension, une belle journée !




Jour 8 : Temps de “Grong” 🌧️
Journée “temps de Grong” (célèbre village norvégien très humide 😉) : démontage de la tente sous la pluie, départ à destination de Geiranger, la pluie ne cesse pas, l’idée nous vient d’éviter une nouvelle nuit sous une tente détrempée : nous commençons la recherche de “hytte” disponibles. D’abord aux alentours de Geiranger mais rien n’est dispo, et lorsque nous arrivons dans ce temple du tourisme de masse, desservi par les paquebots hôtels, nous n’avons qu’une envie : déguerpir !
Nous continuons donc que notre route, après un arrêt pique-nique et ramassage de framboises. Nous continuons la recherche et trouvons finalement notre bonheur en amont du village de Eisdal : un petit chalet très accueillant est disponible, à un prix abordable.


Jour 9 : sangliers détrempés 🌦️
Après la bonne nuit passée dans notre hytte, nous voilà parti pour la boucle préparée par Jean-Marc, aider par un bouquin trouvé dans la hytte. Très vite nous sommes trempés des orteils à mi tibia, l’herbe haute étant détrempée. Qu’à cela ne tienne, nous arrivons assez vite à la caillasse, débonnaire après notre expérience du Jottunheim …
Au sommet à 11h30, nous attendons vainement le soleil. Une éclaircie permet de prendre quelques photos aériennes au-dessus du fjord, 1400 m plus bas.
La descente fut épique : une vague photo du topo pour nous orienter, des éboulis plus ou moins raides et stables, on cherche, on tourne, on vire, on progresse “tant bien que mal” vers le bas. Enfin en sécurité !
Le temps d’avaler deux sandwichs avant la pluie et nous voilà de nouveau à “tirer à l’azimut” “dret dans le pentu”, à travers bosquets et ruisseaux pour rejoindre une hypothétique route. On joue les sangliers version norvégienne, c’est-à-dire détrempés.
Enfin, nous retrouvons un balisage, la route, la voiture … Ouf ! Demain on essaiera une balade pour mamies pour changer …




Jour 10 : en route vers la mer 🌦️
Transit jusqu’à Ålesund via Trollstigen (la route des trolls)
La pluie du matin n’arrête pas le de pèlerin …
Après le chargement de la voiture et le ménage de la hytte nous roulons jusqu’au lac de Eidsdal. L’étude de la carte nous montre que nous pouvons rejoindre Ålesund par Trollstigen, plus longue mais plus touristique. En effet !
Après avoir traversé le lac sur un bac, un premier arrêt pour acheter des fraises et framboises directement au producteur, un deuxième arrêt dans les gorges de Valldøla prétexte à une balade en forêt, cueillette de myrtilles et dégustation de Kanelbulle devant le spectacle de l’eau.
Troisième arrêt pour le pique-nique, à côté d’un village Viking reconstitué. Et enfin, dernier arrêt touristique “peuplé” : le panorama du haut de la cascade et des célèbres virages de la Trollstigen. Les plateformes sont aménagées pour éprouver son vertige et faire les plus belles photos !
Enfin nous atteignons notre destination sur l’île de Godøy, en face de Ålesund, après être passés dans 3 tunnels sous la mer. Un charmant Airbnb nous attend, cosy et situé en hauteur avec vue sur la mer.
2 vélos nous permettent une première balade jusqu’au phare d’Høgsteinen.




Jour 11 : here comes the sun 🌦️
Ce matin nous tentons l’ascension du Storhornet, encore une fois sur un sentier bien humide, et comme la chape de nuages ne veut pas quitter le sommet, nous décidons de redescendre, non sans ramasser des myrtilles. 😋
Après le repas, départ pour une rando à l’est de Ålesund. Nous suivons le chemin “officiel” et bien aménagé, ce qui évite de se tremper à nouveau les pieds.
Nous arrivons vers un cairn à l’architecture douteuse puis continuons vers un point de vue sur les fjord. Les nuages nous lâchent enfin et le soleil / ciel bleu nous font l’honneur d’apparaître. Quel plaisir ! Nous pouvons prendre quelques belles photos.
Sur le chemin du retour vers Godøy, tentative avortée de baignade, température extérieure fraîche et trop de vent. Ce n’est que partie remise !
Après le repas du soir pris tardivement on se dépêche de prendre les vélos pour aller côté ouest de l’île, vers le village et le phare d’Alnes pour le coucher du soleil (22h30). Une belle ambiance et plein de belles photos.





Jour 12 : journée touristes ☀️
Aujourd’hui il fait grand beau : journée Touristes !
Avec les vélos, direction la plage derrière le phare d’Alnes. Jean-Marc se jette à l’eau, moi je joue les poules mouillées : pas plus loin que les mollets !
Deux parapentes font “l’essuie-glace” le long de la crête pendant que JM use et abuse de son stabilisateur pour nous filmer.
Puis nous filons à Ålesund pour un resto poisson, de la déambulation dans la ville (superbe architecture Art Nouveau), des achats souvenirs.
De retour dans notre Airbnb nous n’avons guerre de courage pour retenter le sommet de l’île malgré le beau temps. Nous préparons nos bagages de soute pour le retour vers Oslo demain.
Et nous célébrons la journée passée avec le traditionnel APÉRO !



Jour13 : en route pour Oslo 🌤️
Aujiurd’hui : transit voiture pour Oslo : 7 heures de route !
Passage en dessous de Trollveggen (le mur des trolls), la plus haute paroi rocheuse verticale d’Europe, une magnifique face de granit d’environ 1000 m de hauteur : impressionnant !
Une fois installés dans notre chambre à Oslo, petite balade digestive dans le quartier bohème d’Oslo : Grünerløkka. Une très belle découverte : de superbes fresques sur les murs, des bars sympas, une ambiance bohème et décontractée qui nous va bien.





Jour 14 : Visite d’Oslo 🌦️
Découverte à pied de quelques lieux intéressants d’Oslo : château et parc royal, sculpture conçue par et pour les enfants (Cécile adore), puis parc de Vigeland avec ses statues d’enchevêtrement de corps humains, en passant d’abord par Karl Johans Gate, peuplée à l’aller mais bondée au retour dans l’après-midi.
Descente en tram vers les quais. Pose repas avec un “Grec” dans un food truck. Juste le temps de terminer le repas avant la traditionnelle “rincée”, qui a quand même duré une petite heure. Nous nous réfugions dans un café pour en boire un.
Puis séance shopping (magasin de souvenirs) et lèche vitrines (magasins de sport à outdoor) avant le retour à l’appartement pour une pause bien méritée.
Le soir, départ pour un resto : poisson et vert de blanc pour Cécile, burger et bière IPA pour JM.
Retour à l’appartement par le chemin des écoliers : encore une belle balade !





Jour 15 : un dernier Kanelbulle 🌤️
Dernière journée de notre voyage en Norvège. On profite de notre départ tardif dans l’après-midi pour aller faire encore une balade : on prend le bateau/métro pour aller sur l’Île de Hovedøya.
On fait le tour de l’île puis retour sur Oslo pour prendre un sandwich. Retour à l’hôtel, on charge les sacs sur le dos, direction “Sentral Stasjon” puis train jusqu’à l’aéroport.
On a 3h à patienter avant le décollage : dernier Kanelbulle (jusqu’à la prochaine fois 😋😉)


Trop bien mon chéri ! J’ai hâte de repartir avec toi vers de nouvelles aventures !